Liavon Volsky. NRM
Liavon Volsky, leader du groupe de rock NRM (République Indépendante du Rêve) Photo précédente Retour à la série complète Photo suivante

Peu de groupes de rock biélorusses parviennent encore à retenir l’attention du public comme les groupes russes, Zemfira, Delphin, Tchaïf ou internationaux. Seul NRM leur fait véritablement concurrence.
Inspiré de modèles tels que Jimmy Hendrix, Deep Purple, Nirvana, Red Hot Chili Peppers, U2 ou The Doors, autant que marqué par les bardes dissidents de la génération précédente comme Vladimir Visotski, NRM fait preuve dans l’ensemble d’un goût assez prononcé pour le hard rock et d’autres variantes dures du rock, ce qui rappelle évidemment les premiers pas du rock russe pendant la perestroïka.

Liavon Volsky, guitariste et compositeur du groupe est le leader, la voix. Il est fils d’un poète biélorusse connu, Artur Volsky, ancien président de l’union des écrivains et figure importante du parti d’opposition Front Populaire à la fin des années 1980. Face à l’expérience de son père, Liavon est très tôt sensibilisé aux problèmes d’oppression politique. Tous les textes, les idées et la teneur de l’engagement du groupe viennent de lui.
Sorte de Noir Désir national, leur premier album sort en 1994, en pleine montée en puissance de Loukachenko, élu la même année. Autant dire que les deux mènent leurs carrières en parallèle. Et il y a de quoi alimenter la veine contestataire du rock. Sept albums sortent en dix ans et ont immédiatement une énorme influence sur la jeunesse, même si elle s’affaiblit aujourd’hui selon lui, du fait des interdictions de jouer de plus en plus fréquentes.
Malgré sa notoriété le groupe répète toujours dans la même vielle cave d’un vieux HLM. Liavon Volsky est un des seuls artistes indépendants qui arrive à vivre de son travail bien qu’il soit inscrit sur la liste des artistes interdits mise en place en 2004. Il parvient cependant à jouer. Par exemple, les concerts de Narodny Album (projet collectif, cf. portrait) sont autorisés quand le nom de Liavon Volsky n’est pas présent sur la déclaration de concert… Mais lui est bien là !

Il peut continuer d’écrire si il veut, coller le drapeau interdit sur sa voiture, mais le mécanisme bureaucratique est tellement puissant qu’il n’y a pas besoin de prison pour l’empêcher de jouer : «les concerts sont interdits deux fois sur trois. Il y a encore trois ou quatre ans, on les supprimait pour d’obscures raisons techniques ; aujourd’hui un simple coup de fil d’un officiel aux organisateurs ou aux propriétaires des scènes, avec quelques menaces de fermetures ou autres intimidations suffit pour annuler les concerts le jour même».
Le problème en Biélorussie, c’est que le pouvoir n’interdit pas complètement la création, mais l’empêche de faire effet, de jouer son rôle, de libérer les corps et les consciences dans la société en l’empêchant d’atteindre son public.

En 1996 ainsi qu’en 2006, il faisait parti des signatures officielles pour soutenir l’élection du leader politique du parti de l’opposition. Durant la dernière campagne il a été le fer de lance de l’opposition artistique biélorusse, soutien public du candidat Milinkevitch.
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